Travaux

Autrefois....

Le chalet des Teppes existe depuis très longtemps. Il est certainement antérieur à 1850. 

Avant de devenir un chalet d'alpage, il a peut être été construit sur d'anciens champs délaissés, car "les teppes" signifient en patois "terres en friches". Des travaux ont eu lieu en 1921 (l'année était indiquée sur un linteau en bois) et certainement aussi à la fin des années quarante. 

Il a été exploité régulièrement comme chalet d'alpage, et comportait une partie habitable (environ 15m²), avec poêle, table et lit, et l'écurie. La "mezzanine" servait de grange de secours.

Il était néanmoins inexploité lorsque ma famille l'a racheté il y a quelques dizaines d'années, dans le but d'accueillir un troupeau de moutons au printemps (avant l'envoi des bêtes en alpage au plan des Gouilles) et en automne (avant le retour à l'étable).

Le chalet servait essentiellement d'abri pour les moutons en cas de mauvais temps.

Cette activité s'est arrêtée au milieu des années 80, et le chalet est petit à petit tombé en ruine.

 

Le début de la reconquête....

Cela peut paraître exagéré, mais il faut bien parler de reconquête tant les difficultés administratives, financières, et d'acheminement se sont révélées importantes.

La première difficulté a été l'obtention du permis de construire...

j Les bâtiments de France

La vallée de Champagny-le-Haut étant classée, tout projet de construction ou rénovation doit être approuvé par un architecte des bâtiments de France. Il a donc fallu revoir plusieurs fois la copie... 

k  L'eau potable

Trouver de l'eau ne posait pas à priori de problème. En effet, une des canalisations d'eau alimentant le réservoir du hameau du Bois passe à proximité du chalet. La mairie a refusé l'accès à cette canalisation, du fait d'un faible débit et de son importance pour le réservoir. En clair, il fallait se débrouiller en trouvant une source à proximité... 

l  Le risque d'avalanche

Cela a été la plus grosse difficulté, entraînant un premier refus de permis de construire. Le risque est pourtant minime comme le prouve la longévité du bâtiment.  Il a donc fallu mandater un expert (venu d'Andorre !) pour une étude sur le risque d'avalanche.

L'étude démontra qu'il n'y avait pas de risque réel, mais préconisa tout de même un dallage béton pour renforcer la toiture "au cas où". Tout cela était source de surcoût, mais après quelques allers-retours, le permis fut accepté.

Nous sommes alors courant 1997, et "l'aventure" ne fait que commencer...

 

Les travaux

Pour plusieurs raisons (durée de la belle saison, disponibilité, coût), le chantier va s'étaler sur plusieurs années et sur des périodes assez courtes (quelques semaines).

 

1ère phase : Septembre 98, le gros oeuvre

Les murs sont repris à partir des pierres sur place. C'est l'occasion du premier héliportage.

En fait, il a fallu pratiquement casser et refaire tous les murs, alors qu' il était initialement prévu d'en garder au moins la moitié.

 

2ème phase : Juillet et Septembre 99, le bois, le chemin, le toit

L'objectif de cette 2ème phase était de fermer le chalet, c'est-à-dire hors d'eau, hors d'air. Il a donc fallu monter le bois nécessaire au toit et aux fermetures. L'acheminement a été un vrai problème. On ne pouvait en effet tout prévoir lors des héliportages, il fallait monter tous les jours du petit matériel, ce qui apparaissait comme une charge trop importante. Fort heureusement, nous avons trouvé un petit engin nous permettant de monter jusqu'à 100kg : c'est une brouette mécanique, muni de 2 chenilles. Pour pouvoir l'utiliser, nous avons du refaire une bonne partie du chemin pour l'élargir et l'aplanir : rien que cela a nécessité près d'une semaine de travail à plusieurs personnes (à la pioche !).

En Septembre, rendez-vous était pris pour le coulage du toit béton. Le 24/9/99, nous avons donc effectuer des rotations d'hélico à partir de 2 camions toupies situé au hameau du bois.

Très impressionnant ! 

Après cela, le chalet était fermé et pouvait passer l'hiver en toute quiétude : il ne craignait plus les avalanches !!!

 

3ème phase : Juillet et Septembre 2000, le gros oeuvre à l'intérieur

Nous avions laissé l'intérieur "brut" : le sol était encore en terre, et le mur amont nécessitait d'être renforcé. Il a fallu donc couler à nouveau du béton sur le sol et sur le mur amont, en créant un rebord, visible dans le chalet, qui maintient les plus gros blocs.

 

4ème phase : Printemps & été 2001, la fin du plus gros

Tout restait à faire...

Nous avons commencé par le problème de l'eau. Improvisés sourcier, nous avions la certitude du passage de plusieurs courants d'eau, véritables sources virtuelles qui nous tendaient la main. L'endroit où nous allions implanter notre réservoir d'eau (2m3) était tout trouvé. Il ne restait plus qu'à creuser le trou nécessaire à son enfouissement, ainsi qu'à celui de la fosses septique et des tuyaux correspondants...

A plusieurs recherches, nous avons trouvé une petite pelle en location qui semblait adapté à la situation : moins de 900kg, une largeur variable de 80 à 120cm.

Aussitôt dit, aussitôt fait, la voilà louée pour quelques jours. Malheureusement, elle n'a jamais voulu monter le chemin... Patinant sans cesse, la montée semblait impossible. Heureusement, son petit poids nous a permis de l'héliporter dès le lendemain matin au chalet (Ouf !). 

Hélas, nous n'avons jamais trouvé d'eau à l'endroit escompté, et il a fallu improvisé une jonction avec le réservoir de la commune.

La pelle a aussi été utilisée pour aménager le terrain aux alentours, le rendant plus "civilisé".

 

Que la montagne est belle !

Allez au boulot !

 

A partir de là, le reste s'est enchaîné.

 

"Si je sais faire la faïence ?"

Même quand il fait mauvais !

"Allô, ça marche plus"

"Répare-le !"

"Plus que 1695 voyages"

 

Au printemps 2002, nous avons 

  • enfoui la canalisation d'eau qui relie le réservoir à celui de la commune, 

  • construit une petite terrasse en bois,

  • coupé et rangé le bois dans le bûcher

  • aménagé un petit potager (qui n'est pas trop en état !)

 

 

G

Chalet d'Alpage Les Teppes - Hameau de " le Bois" - 73 350 CHAMPAGNY-EN-VANOISE, Savoie